Le HHC est interdit en France depuis le 13 juin 2023, comme le H4-CBD et le THCP depuis le 3 juin 2024. Ces cannabinoïdes modifiés chimiquement sont classés comme stupéfiants par l'ANSM, à la différence du CBD. Cet article reprend, avec leurs dates et leurs sources, ce que sont ces molécules, ce que l'agence en dit, les risques qu'elle signale et la raison pour laquelle nous n'en vendons pas.
Ce que sont le HHC, le H4-CBD et le THCP
Ces trois sigles désignent des cannabinoïdes, mais pas du CBD. L'ANSM parle de « nouveaux cannabinoïdes » ; on dit aussi néo-cannabinoïdes. Selon l'agence, les produits vendus sous ces noms résultent d'une modification chimique ou d'une synthèse en laboratoire.
HHC (hexahydrocannabinol) : obtenu par synthèse chimique à partir de cannabinoïdes présents dans la plante, selon l'ANSM. L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en fait le premier cannabinoïde semi-synthétique placé sous contrôle international.
H4-CBD (tétrahydrocannabidiol) : cannabinoïde hémisynthétique, c'est-à-dire issu de la plante puis modifié chimiquement. Son nom évoque le CBD, mais c'est une autre molécule.
THCP (tétrahydrocannabiphorol) : décrit en 2019 dans la revue Scientific Reports, il a la structure du THC avec une chaîne latérale plus longue, à sept éléments. L'ANSM le classe parmi les dérivés du noyau benzo[c]chromène.
Le CBD n'est pas concerné : dans la liste consolidée des stupéfiants de l'ANSM, mise à jour le 16 février 2026, le mot « cannabidiol » n'apparaît que dans les noms de ses dérivés H2-CBD et H4-CBD. Voyez notre article CBD ou THC : quelles différences.
Les décisions de classement, date par date
La liste des stupéfiants reste fixée par l'arrêté du 22 février 1990, mais c'est depuis 2022 l'ANSM qui la modifie par décision, selon le préambule de sa liste consolidée. Quatre décisions concernent ces molécules.
Décision
Substances visées
Ce qui change
12 juin 2023
HHC, HHC-acétate (HHCO), HHCP
Interdits à partir du 13 juin 2023
22 mai 2024
H2-CBD, H4-CBD et dérivés du noyau benzo[c]chromène, dont THCP et HHCPO (sauf CBN)
Interdits à partir du 3 juin 2024
3 juin 2024
Même famille
Exclusions pour des traces dans le chanvre industriel : CBNA, THCV et THCVA jusqu'à 0,3 %, THCA sous réserve du seuil de THC
16 janvier 2026
HHC
Passe de l'annexe IV à l'annexe III de l'arrêté de 1990, après une décision de l'ONU
La décision de 2024 vise une famille chimique plutôt qu'une liste de noms : « toute substance dérivée du noyau benzo[c]chromène », avec des exclusions précises.
Au niveau international, l'ONU a décidé en mars 2025 de placer le HHC au tableau II de la convention de 1971 sur les psychotropes ; la décision est entrée en vigueur le 6 décembre 2025, selon l'ONUDC. Le HHC reste sur la liste française des stupéfiants : seule son annexe a changé.
Les risques signalés par les autorités
Les décisions donnent leurs motifs. Celle de 2023 retient « le risque d'abus et de dépendance » du HHC et de deux dérivés. Celle de 2024 invoque des effets psychoactifs similaires à ceux du THC, un potentiel d'abus et de dépendance et des risques immédiats pour la santé, d'où un classement « par précaution ». Dans sa publication du 24 mai 2024, l'ANSM signale notamment :
Des effets immédiats : vomissements, perte de connaissance, coma, convulsions, tachycardie, hypertension artérielle, et des cas d'insuffisance rénale.
Une intensité élevée : ces effets sont souvent plus intenses que ceux ressentis avec le cannabis et peuvent nécessiter une prise en charge urgente.
Un contenu incertain : la composition peut différer de celle de l'emballage, et la concentration est globalement élevée et souvent inconnue du consommateur.
En juin 2023, l'ANSM notait déjà que la consommation de HHC progressait en France, parfois à l'insu d'usagers qui pensaient consommer du CBD.
Le 19 juin 2025, l'ANSM et l'Anses ont alerté sur une hausse des intoxications : depuis début 2024, plusieurs centaines ont été recensées après la consommation de produits présentés comme contenant du CBD, le plus souvent à cause de substances interdites présentes à l'insu du consommateur ou d'un THC supérieur à 0,3 %.
Comment vérifier un produit de chanvre
L'étiquette seule ne suffit pas. Sur une fleur ou une résine, contrôlez :
Les cannabinoïdes nommés : l'analyse doit lister chaque composé dosé. Un produit qui affiche HHC, H4-CBD ou THCP relève des stupéfiants, pas du chanvre à 0,30 % de THC au plus.
Le THC du lot : il ne doit pas dépasser 0,30 % pour du chanvre, selon l'arrêté du 30 décembre 2021.
Le numéro de lot : celui du certificat doit correspondre au produit acheté.
Le laboratoire et la date : un certificat qui n'en indique aucun n'est pas vérifiable.
Les mentions de puissance : l'ANSM demande une attention particulière aux produits étiquetés « puissants ».
Nous ne vendons ni HHC, ni H4-CBD, ni THCP, ni aucun autre cannabinoïde modifié chimiquement : leur vente est interdite. Sur chaque fiche de fleur ou de résine, les taux de THC, de CBD, de CBC, de CBG et de CBN proviennent d'une analyse en laboratoire indépendant, téléchargeable en entier. Nos étiquettes de pochon indiquent les taux et portent un QR code vers la fiche produit et son certificat. Voici trois analyses, d'après nos fiches au 30 septembre 2026.
À cette date, le THC le plus élevé affiché sur nos fiches de fleurs et de résines est de 0,26 %, sous le seuil de 0,30 %. Retrouvez ces références dans nos fleurs de CBD et nos résines de CBD, ou essayez le quiz Quel CBD choisir ?
Cadre légal : ce qu'il faut retenir
Les fleurs et résines de chanvre restent autorisées dans les limites de l'arrêté du 30 décembre 2021 (variétés à 0,30 % de THC au plus), et le Conseil d'État a annulé le 29 décembre 2022 l'interdiction générale de vendre des fleurs ou feuilles brutes aux consommateurs. Notre article sur ce qui est légal en 2026 fait le point.
Les cannabinoïdes classés relèvent de la législation sur les stupéfiants : jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 7 500 000 € d'amende pour la détention, l'offre, la cession ou l'acquisition illicites (article 222-37 du Code pénal), un an et 3 750 € pour l'usage (article L3421-1 du Code de la santé publique), d'après les textes consultés le 1er octobre 2026.
Interdits : le HHC depuis le 13 juin 2023 ; le H4-CBD, le THCP et les dérivés du noyau benzo[c]chromène depuis le 3 juin 2024.
Non concernés : le CBD, absent de la liste, et le chanvre à 0,30 % de THC au plus.
Public : nos produits sont réservés aux adultes ; le CBD n'est pas un médicament et ils n'ont aucun usage médical.
Testez vos connaissances
3 questions pour vérifier ce que vous avez retenu.
1Quel organisme classe aujourd'hui une substance comme stupéfiant en France ?
Bonne réponse : B, L'ANSM, par une décision de sa directrice générale. Depuis 2022, l'ANSM met à jour la liste des stupéfiants par décision, par exemple celle du 12 juin 2023 pour le HHC, puis celle du 22 mai 2024 pour le H4-CBD et le THCP.
2À partir de quelle date le H4-CBD et le THCP sont-ils interdits en France ?
Bonne réponse : B, Le 3 juin 2024. La décision du 22 mai 2024, publiée le 24 mai, est applicable depuis le 3 juin 2024. Le 13 juin 2023 concerne le HHC, et le 19 janvier 2026 la publication de son changement d'annexe.
3Que faut-il vérifier sur le certificat d'analyse d'une fleur de CBD ?
Bonne réponse : A, Le numéro de lot, le laboratoire et un THC d'au plus 0,30 %. Le numéro de lot relie le certificat au pochon, le laboratoire et la date le rendent vérifiable, et le THC doit rester sous 0,30 % pour du chanvre. Le prix et l'aspect ne disent rien de la composition.
Avant d'acheter, la meilleure habitude reste de lire le certificat d'analyse du lot. Notre guide détaille chaque rubrique, du numéro de lot à la limite de détection.
Oui. L'ANSM l'a classé comme stupéfiant par une décision du 12 juin 2023 : sa production, sa vente et son usage sont interdits depuis le 13 juin 2023.
Non. C'est un cannabinoïde hémisynthétique, issu de la plante puis modifié chimiquement, classé stupéfiant depuis le 3 juin 2024 avec le H2-CBD. Le CBD, lui, ne figure pas sur la liste de l'ANSM.
Non. La décision du 22 mai 2024 vise les dérivés du noyau benzo[c]chromène, et l'ANSM cite le THCP parmi les substances interdites à partir du 3 juin 2024.
Selon l'ANSM, arrêtez la consommation et appelez le 15 en cas de perte de connaissance ou de malaise. Pour les autres signes, consultez un médecin ou le centre antipoison (01 45 42 59 59).
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